La cité et le désert (2011-2012)

Giovanni Bellini, Saint Jérôme au désert, autel de Pesaro, 1471-1474 (source : wga)
Giovanni Bellini, Saint Jérôme au désert, autel de Pesaro, 1471-1474 (source : wga)

La cité et le désert est un fil directeur choisi pour unifier les différentes séances de Chorea et éviter que la présence de trois thèmes distincts, « les arts et le pouvoir », « les marges », et « le duel », provoquent un éparpillement. En somme, il s’agit, autant que possible, de faire en sorte de donner envie  aux participants de suivre l’ensemble des séances.

 

L’idée initiale était d’avoir, à un moment du séminaire, une phase de discussion informelle autour d’un document, texte, image ou autre, de façon à favoriser la participation active de tous. Chacun peut apporter le document qu’il souhaite offrir à la discussion, que celui-ci lui ait paru intéressant par rapport aux thèmes traités, ou qu’il lui pose problème. Pour favoriser l’échange et la discussion, et leur permettre de se poursuivre au-delà des séances, nous avons créé le forum. Les documents seront mis en ligne à l’issue des séances, de façon à ce que la discussion puisse se poursuivre. Mais il est également possible – et même souhaitable ? – d’utiliser le forum en amont des séances, pour proposer les documents, amorcer la discussion, ou ajouter des documents à ceux déjà vus…

 

À la fin de l’année, nous souhaitons publier sur Cornucopia un recueil de ces documents et des commentaires auxquels ils auront donné lieu.

 

Pour favoriser toutes ces activités et rendre palpable l’unité entre les séances que nous cherchons ainsi à créer, nous avons pensé à donner un thème à ce recueil de documents et cherché un intitulé qui puisse unifier les trois thèmes abordés au cours du séminaire. Nous proposons « la cité et le désert ». En effet, « la cité » permet de mettre en valeur la dimension politique de nos trois thèmes. Elle est évidente, bien sûr, dans « les arts et le pouvoir ». On la retrouve aussi dans le « duel », qui comporte, entre autres, une importante dimension juridique, et a été l’objet d’une législation et de débats. Quant aux « marges », elles se définissent par rapport à un centre, face auquel elles peuvent incarner un espace de liberté, mais de liberté qui peut faire l’objet de contraintes politiques.

Ce dernier thème, entre autres, nous a suggéré d’adjoindre à « la cité », pour définir une perspective sur ce vaste objet, « le désert ». Celui-ci introduit, certes, une dimension religieuse : le désert est d’abord le lieu où l’on croise l’ermite, qui est une figure majeure de marginal. Mais l’ermite est aussi celui qui a choisi de se retirer du corps politique de la cité, en s’en excluant volontairement et en occupant un espace non seulement extérieur à la cité, mais qui s’y oppose. Le désert, en effet, est le lieu de la sauvagerie et figure un espace qui s’oppose à l’humanité et la civilisation – la polis à la fois comme union sociale des hommes et comme lieu policé, civilisé, qui s’oppose aux mœurs rudes de l’animal. La polis, en somme, comme espace de l’art, opposé à la nature brute, où les conflits sont soumis à des règles, des codes, comme dans le duel.

Nous nous sommes donc inspirées d’Agrippa d’Aubigné, qui, publie l’édition princeps des Tragiques (1616) sous le nom de « bouc du désert », lieu où règne la « mal-plaisante vérité », pour proposer comme fil directeur de cette année « la cité et le désert ».

 

Fanny Oudin

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