Vient de paraître - Mars 2014

Corps parés, corps parfumés, Artefact n° 1, dir. S. A. de Beaune et L. Hilaire-Pérez

- Corps parés, corps parfumés, Artefact n° 1, dir. Sophie A. de Beaune et Liliane Hilaire-Pérez, CNRS éditions, 2014, 30 €.

 

Sommaire

In memoriam. François Sigaut (1940-2012) ou la technologie, science humaine, Sophie A. de Beaune.


CORPS PARÉS, CORPS PARFUMÉS

sous la direction de Catherine Lanoë et Laurence Moulinier


• Les systèmes de parure comme langage technique, Catherine Lanoë
• La parure préhistorique : dimensions technique et économique, François-Xavier Chauvière
• Parfum et cosmétique à l’Âge du Bronze en Grèce, Emmanuelle Fournier
• Vêtements et parure à la Cour de Castille (1477-1486), d’après les comptes de Gonzalo de Baeza, trésorier d’Isabelle la Catholique, Eléonore Henriot
• Parer les corps : construire et représenter le couple princier (France, XIVe-XVe siècles), Manuel Guay
• Le corps paré de François de Guise : le paraître courtisan et ses acteurs dans la France de la Renaissance, Marjorie Meiss-Even
• L’eau de fleur d’oranger à la cour de Louis XIV, Stanis Pérez
• La corbeille de Louis Joseph de Bourbon Condé (1753) : histoire et significations d’une tradition, Bérangère Chartre
• La parure de Marie-Fortunée d’Este, princesse de Conti (1731-1803). Une médicalisation du paraître ?, Aurélie Chatenet-Calyste
• Tabatières, éventails et lorgnettes : objets de consommation et « techniques du social » au XVIIIe siècle, Gianenrico Bernasconi
• Jean-Louis Fargeon, fournisseur de la cour de France : art et techniques d’un parfumeur du XVIIIe siècle, Eugénie Briot


VARIA

• La sériciculture en Guadeloupe et Martinique du XVIIe au XIXe siècle ou l’histoire d’un échec, Tristan Yvon
• Les « machines à remonter les bateaux » en France au XVIIe siècle, Aurélien Ruellet


ARTEFACTS ET COLLECTIONS

• Le musée Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, Pascale Gorguet Ballesteros
• Le parfum du Moyen âge au xviiie siècle dans les collections du Musée International de la Parfumerie, Grégory Couderc
• Le colloque international « Flacons, fioles et fiasques » Rouen, vallée de la Bresle, 4-6 avril 2013, Anne-Laure Carré, Sophie Lagabrielle
• Les registres du dépôt légal de la Cité internationale de la dentelle et de la mode, Antony Cadet

 

COMPTES-RENDUS DE LECTURE

M.-R. Prunet-Tricaud, Le Château d'Assier en Quercy. Une œuvre majeure de la Renaissance retrouvée

- Marie-Rose Prunet-Tricaud, Le Château d'Assier en Quercy. Une œuvre majeure de la Renaissance retrouvée, Paris, Picard, 2014, 42€.

 

Ce château est un édifice majeure de la première moitié du XVIe siècle. Bâti de 1510 à 1535 selon des projets de plus en plus ambitieux, Assier est un édifice complexe qui illustre parfaitement l'évolution de l'architecture de la première Renaissance en France. En dépit de sa situation "périphérique" au cœur du Quercy, ce château est l'un des plus grands "châteaux de la Loire" car son bâtisseur, Galiot de Genouillac, familier de François 1er, sut faire venir à Assier des maîtres d'œuvre et des sculpteurs de talent. Plusieurs traits originaux singularisent cette demeure : le décor sculpté qui y revêt une importance exceptionnelle, l'emploi de voûtes plates portées par des arcs diaphragmes diagonaux entrecroisés, l'apparition d'un nouveau type de toiture, le dôme à l'impériale. De plus, le château offre l'un des tout premiers exemples en France d'emploi des ordres antiques.

M. Grivel, G.-M. Leproux et A. Nassieu Maupas, Baptiste Pellerin et l'art parisien de la Renaissance

- Marianne Grivel, Guy-Michel Leproux et Audrey Nassieu MaupasBaptiste Pellerin et l'art parisien de la Renaissance, Presses universitaires de Rennes, Coll.Art et société, 22 €.

 

Ce livre reconstitue la carrière de Baptiste Pellerin et la replace dans le milieu artistique parisien de la seconde moitié du XVIe siècle. Célèbre en son temps, qualifié d’« excellent peintre » par ses contemporains, Pellerin n’a cependant connu qu’une gloire éphémère. Les historiens de la peinture du XVIIe siècle ayant déjà oublié son nom, une grande partie de son œuvre dessiné fut attribuée au graveur Étienne Delaune, à qui il avait régulièrement fourni des modèles.

Avec une préface d’Henri Zerner.

Avec le soutien de l’École pratique des hautes études, de l’université Paris-Sorbonne et du Centre André-Chastel.

 

Pour plus d'informations

(introduction, table des matières, présentation des auteurs),
voir ici.

M. Meiss-Even, Les Guise et leur paraître

- Marjorie Meiss-Even, Les Guise et leur paraître, PU François Rabelais et PU Rennes, 2014, 35 €.

Préface de Daniel Roche.

 

Présentation de l'éditeur :

Quel visiteur de Chambord ou de Chenonceau ne s’est pas imaginé un instant en gentilhomme ou en noble dame de la cour des Valois, paradant en esprit dans son habit de soie et nourrissant le secret espoir de croiser la princesse de Montpensier au détour d’une salle ? Pourtant, les vitrines des musées comme les films historiques nous ont rendu faussement familiers les objets que manipulaient les élites de la Renaissance : nous en connaissons l’aspect, mais leur dimension culturelle et sociale nous reste profondément étrangère. Recontextualiser les objets du passé est la seule façon de déjouer leur puissance de fascination.
L’ambition de ce livre est de plonger le lecteur dans la culture matérielle de la noblesse du XVIe siècle en prenant comme point d’observation la puissante maison de Guise. Que possédait une grande famille française de la Renaissance ? Quels enjeux sociaux, politiques, économiques sous-tendaient la consommation d’une maison ducale ? Comment les Guise se procuraient-ils les biens nécessaires pour tenir leur rang ? Qui définissait ce qui était digne d’appartenir à un duc et pair de France ? Derrière la splendeur des velours de Lucques et la finesse des tapisseries flamandes se laissent alors deviner les mécanismes de la domination sociale et les affres de sa reproduction dans la France de la Renaissance.

 

Voir le sommaire de l'ouvrage ici.

J. L. Gonzalo Sánchez-Molero, Felipe II. La educación de un felicísimo príncipe (1527-1545)

José Luis Gonzalo Sánchez-Molero, Felipe II. La educación de un felicísimo príncipe (1527-1545), Madrid,Polifemo Ediciones, 2014, 50 €.

 

Desde la publicación en 1947 de la clásica obra de José María March sobre la Niñez y juventud de Felipe II, no se había abordado la educación del monarca español ni con la amplitud, ni con la perspectiva innovadora con que se retoma ahora esa cuestión en La educación de un ‘felicísimo príncipe’ (1527-1545).

 

José Luis Gonzalo Sánchez-Molero ha volcado décadas de trabajo y reflexión en esta obra –cuyos orígenes se remontan hasta su tesis doctoral–, en la que ha reconstruido con gran detalle los contenidos, los anhelos y los objetivos que se conjugaron en la educación del Rey Prudente. Para ello ha recurrido al manejo de dos tipos de fuentes principales : las archivísticas, con la búsqueda casi exhaustiva de documentación inédita en los principales archivos españoles ; y las bibliográficas, localizando los más de cuatrocientos libros que fueron comprados o regalados al futuro rey para su educación, que actualmente se conservan en su mayor parte en la Biblioteca de El Escorial. Concebido cada uno de estos volúmenes como un testimonio histórico relevante, el conjunto conforma una visión actualizada y enriquecida de la pedagogía cortesana de la época, ofreciendo al lector el sorprendente retrato de un joven príncipe Felipe educado en los principios humanísticos del erasmismo y de la política conciliadora de Carlos v. Un perfil que resulta muy diferente al que luego, como rey, representó.


Commander le livre sur le site de l’éditeur.

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Commenter et philosopher à la Renaissance, dir. L. Boulègue

- Commenter et philosopher à la Renaissance, dir. Laurence Boulègue, Presses Universitaires du Septentrion, Cahiers de philologie - apparat critique, 2014, 28 €.

 

 

Publié avec le soutien de l'Institut Universitaire de France (IUF)

Le texte philosophique est un objet à part entière du vaste projet humaniste de restauration de la culture antique qui s'épanouit à partir du XVe siècle en Italie et dans toute l’Europe. On ne saurait philosopher sans commenter. Si les trois grandes pratiques philologiques – éditer, traduire, commenter –, fondements de la démarche humaniste, restent les héritières des écoles anciennes et de l’université scolastique, le geste humaniste les renouvelle en apportant une rigueur méthodologique et une ouverture nouvelles. De l’institution universitaire aux nouveaux centres du savoir, la frontière est poreuse et le commentaire philosophique se révèle le lieu privilégié de la rencontre de courants divers. C’est de la dialectique qui s’établit entre différentes approches que témoigne le commentaire philosophique à la Renaissance plutôt que d’une pratique radicalement différente et opposée. Le commentaire traditionnel n’en est pas moins infléchi, et s’élabore une nouvelle façon de philosopher : l’élargissement du corpus, les apports de la philologie et d’autres disciplines, l’ouverture à de nouveaux courants insufflent à la pratique du commentaire philosophique une remarquable plasticité. Les études réunies dans le présent volume se proposent d’analyser la refondation humaniste de la philosophie antique par l’activité du commentaire tout au long des XVe et XVIe siècles.

 

Pour consulter le sommaire, voir ici.

Egalement disponible au format .pdf (21 €).

D. Pinchi, À quels saints se vouer ? Regards sur la peinture vénitienne à la Renaissance

 

 

- Dominique Pinchi, À quels saints se vouer ? Regards sur la peinture vénitienne à la Renaissance, La Tour Verte, coll. L'autre Venise, n° 4, 2014, 15 €.

 

Les Dialogues adversus Judaeos. Permanences et mutations d’une tradition polémique, dir. S. Morlet, O. Munnich et B. Pouderon

- Les Dialogues adversus Judaeos. Permanences et mutations d’une tradition polémique, dir. Sébastien Morlet, Olivier Munnich et Bernard Pouderon, Paris, Études Augustiniennes, série Antiquité n°196, 2013, 46 €.

 

Les dialogues mettant en scène des chrétiens discutant avec des juifs constituent une branche importante de la littérature chrétienne antique et médiévale. Longtemps délaissés en raison d’a priori négatifs, ces textes ont suscité un regain d’intérêt depuis quelques années. On bénéfi cie à présent d’éditions critiques récentes et de monographies détaillées, mais il manque encore à ce jour un ouvrage consacré exclusivement à ce groupe de textes, depuis ses origines jusqu’à l’époque moderne. Ce livre, constitué des actes du colloque organisé à Paris en décembre 2011 (voir le programme ici), en offre une première étude d’ensemble. Il est consacré notamment aux aspects littéraires, historiques et doctrinaux des dialogues aduersus Iudaeos.

R. Menini, Rabelais altérateur - «Græciser en François»

Romain Menini, Rabelais altérateur - «Græciser en François», Classiques Garnier, collection "Les Mondes de Rabelais ", 2014, 49 €.

 

Fabuleux altérateur de textes, Rabelais fut un émule des auteurs grecs aussi attentif qu'irrévérencieux. Prenant pour guides Lucien de Samosate et Plutarque de Chéronée, cette étude propose au lecteur de græciser en François, avec Rabelais et après lui, au fil de sa prose française.

 

Pour accéder à la table des matières, cliquez sur le lien.

Early Music Editing. Principles, Historiography, Future Directions, éd. T. Dumitrescu, K. Kügle, M. van Berchum

Early Music Editing. Principles, Historiography, Future Directions, éd. T. Dumitrescu, K. Kügle, M. van Berchum, Brepols Publishers, "Epitome musica"l, 2013, 75 €.

 

Is editing music a fallacy? It may appear so when consulting the Oxford English Dictionary, which defines editing as "to prepare an edition (of a literary work or works by an earlier author)," or "to prepare, set in order for publication (literary material which is wholly or in part the work of others)." Of course, the parentheses readily allow the musicologist to construct a broadened definition of editing, tacitly declaring music to be akin to literature; but doing so causes a number of other discomforts, for music, while certainly not inimical to words, simply cannot be equated with literature tout court. Even so, the OED mercilessly insists on the origins of the term within the realm of literary text production. Furthermore, as if adding insult to injury, a secondary definition of editing offered by the OED—"to prepare a film for the cinema or recordings for broadcasting, etc. (by eliminating unwanted material etc.)" —brings music into play, but hardly in the sense it is construed in this volume, namely in its written instantiation as notation. Instead, catapulting the reader from the old-fashioned realm of ink and paper into the glittery domain of twentieth- and twenty-first century multi-media art forms and their post-Gutenbergian methods of production, storage and distribution, music editing is now made present as the cleaning-up procedure preceding the release of a new product rather than the painstaking preparation of a "work or works by an earlier author" for re-publication.

A. Piéjus, Musique et dévotion à Rome à la fin de la Renaissance. Les Laudes de l'Oratoire

A. Piéjus, Musique et dévotion à Rome à la fin de la Renaissance. Les Laudes de l'Oratoire, Brepols Publishers, "Epitome musical", 2013, 100 €.

 

Saint Philippe Néri, fondateur de l'Oratoire de Rome, y a encouragé l'usage de la laude spirituelle, poésie chantée en langue vulgaire inspirée de la piété médiévale et de la Renaissance florentine. En pleine Réforme catholique, à une époque de large diffusion de la musique imprimée, les Oratoriens ont adapté le répertoire et ses usages à leurs assemblées spirituelles, et utilisé l’émotion musicale dans leur pastorale fondée sur la douceur, la joie et l’effusion. L'Oratoire a ainsi développé de nouvelles formes de dévotion, portées par ce chant spirituel et ses résonances intimes. Anne Piéjus, musicologue au CNRS, est l’auteur d’ouvrages sur la musique et le théâtre à l'époque moderne.

G. Bochetel, La tragédie d'Euripide nommee Hecuba, éd. F. Fassina

Guillaume Bochetel, La tragédie d'Euripide nommee Hecuba, éd. Filippo Fassina, Edizioni dell' Orso, 2014, 20 €.

 

La tragedie d'Euripide, nommee Hecuba, a opera di Guillaume Bochetel (1544), insieme ai volgarizzamenti di Lazare de Baïf, Calvy de La Fontaine, Amyot e Sébillet, è uno dei più antichi rifacimenti francesi di tragedie greche. Pubblicato per la prima volta in edizione critica, accompagnato da un commento puntuale che ne evidenzia i rapporti con l’originale classico, offre un documento significativo per la ricostruzione della storia del genere tragico nel Rinascimento e materiale importante per lo storico della lingua che si occupa di un momento fondamentale dell’evoluzione del francese (quello del moyen français). L’edizione ha come allegato un CD-ROM contenente le concordanze lessicali, che permettono di individuare gli usi linguistici dell’autore, e un repertorio delle frequenze, sempre lessicali.

Filippo Fassina, dottore di ricerca in Francesistica, è assegnista presso il Dipartimento di Studi Umanistici dell’Università del Piemonte Orientale “A. Avogadro”. Si occupa della ricezione della tragedia classica nella Francia del Cinquecento. Ha curato l’edizione critica di Lazare de Baïf, Tragedie de Sophoclés intitulee Electra (Vercelli, Edizioni Mercurio, 2012). Ha pubblicato saggi sul teatro francese del Seicento e del Novecento (Hardy, Tristan, Ghelderode). Studia l’opera critica del Père Brumoy.

N. Muchnik, De paroles et de gestes. Constructions marranes en terre d’Inquisition

Natalia Muchnik, De paroles et de gestes. Constructions marranes en terre d’Inquisition, Editions de l’EHESS, Coll.« En temps & lieux », 2014, 20€.

 

Comment, face à la stigmatisation, une identité se constitue-t-elle? À travers le cas des marranes dans l’Espagne des XVIe-XVIIIe siècles, cet ouvrage montre que l’individu prend sens dans une unité sociale soudée par une mémoire et des pratiques partagées.

Ces chrétiens, pour la plupart descendants des juifs convertis au XVe siècle, accusés par l’Inquisition de judaïser en secret, ont développé une identité de groupe. Si la répression inquisitoriale et la clandestinité sont fondamentales pour sa cohésion, la société marrane a ses propres dynamiques. Fragilisée par sa diversité interne, sa mobilité spatiale et la labilité de ses pratiques religieuses, elle a multiplié signes et discours d’appartenance. Les codes qui caractérisent cette société secrète, l’hostilité au catholicisme ou les mythes de l’origine, sont autant d’éléments que le crypto-judaïsant mobilise et agence. Car plus que le contenu des rituels, c’est le processus de ritualisation extrême du quotidien qui forge la société marrane; le sacré semble partout.
L’ouvrage, tel un kaléidoscope, multiplie les points de vue sur les modes d’affiliation. Le marrane dispose ainsi de plusieurs identités potentielles qu’il alterne selon les situations et les interlocuteurs. Plutôt qu’un déchirement entre deux religions, il révèle la fragmentation de soi et l’impossibilité de dissocier l’individu des rôles qu’il tient. Il témoigne, en somme, d’une pluralité inhérente à tout être humain et du caractère illusoire d’une identité homogène.

SOMMAIRE

Introduction


Chapitre 1. L’être contre. Se poser en s’opposant
Judéoconvers, judaïsants et marranes : des notions en devenir • Face au juif : l’orgueil ibérique • Face au vieux-chrétien : le renversement du stigmate • L’identité portugaise : un apport du XVI e siècle

Chapitre 2. L’être avec. Appartenance communautaire et identité collective
« Tous sont un » : la métaphore du corps • Un repas « pour faire corps » • Le jeûne rétribué • La clandestinité comme instrument d’identité • Le « jeu autour du code »

Chapitre 3. Le marrane-mosaïque
Une identité « sous tension » • Une répression structurante : l’« effet » inquisitorial • Un enchevêtrement d’appartenances • La femme, paradigme du marranisme ? • La jeune fille, objet de tous les désirs • Du pur et de l’impur

Chapitre 4. Le deuil de l’un ?
Labilité de l’appellation : plusieurs noms pour un être • Les déchirements de la dualité • Des caméléons de la foi ? • Coexister malgré …

Chapitre 5. Les enjeux de la mémoire. La définition verticale de l’être
« S’accommoder au temps » • Mémoire collective et devoir de mémoire • S’inventer une tradition • Les fragments du judaïsme • Les mythes de l’origine : « la geste du groupe héroïque » • Le rôle des figures tutélaires bibliques

Chapitre 6. La diaspora virtuelle. La définition horizontale de l’être
Le territoire marrane • Les frontières du sacré • « L’esprit familier du lieu » • Les marranes et la Nação : relations réelles… • … et imaginées • Les fils de la diaspora virtuelle

Chapitre 7. L’eschatologie marrane ou le futur créateur
Un impératif catégorique : faire son salut • La culture du martyre • « Le messie n’est pas encore venu » • Prophètes et figures messianiques • Les marranes et l’épisode sabbataïste • La fin du monde, un futur proche…

 

Conclusion
Sources et bibliographie • Index

G. Salinero, La trahison de Cortés. Désobéissances, procès politiques et gouvernement des Indes de Castille, seconde moitié du XVIe siècle

Gregorio Salinero, La trahison de Cortés. Désobéissances, procès politiques et gouvernement des Indes de Castille, seconde moitié du XVIe siècle, Collection Le Nœud Gordien, avec la contribution de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Presses Universitaires de France, Paris, 2014, 35€.

 

Ourdi au Mexique en 1565, le complot de Martin Cortés, le fils d’Hernán Cortés, n’est qu’un des avatars de la tension entre la couronne de Castille et ses colonies dans la seconde moitié du XVIe siècle. Loin de se réduire à un face à face entre Espagnols et Indiens, la conquête a brouillé tous les clivages, secrétant précocement une conscience politique créole. Pour comprendre les aspirations de ces Espagnols des Indes, le livre révèle l’ampleur de leurs désobéissances à la Péninsule entre les années 1540 et 1580. Il nous fait revivre le déroulement des grands procès politiques, conservés dans les archives américaines et péninsulaires, où pullulent les personnages extraordinaires et les histoires de vies les plus rocambolesques. La monarchie des Indes est bien loin de constituer un empire colonial solide.
À travers une radiographie méticuleuse du monde dont héritent les fils des conquistadors, se dévoilent la misère des émigrés, les rapprochements entre indigènes et colons, la corruption des magistrats et les faiblesses de l’appareil administratif. Une culture politique nouvelle fait irruption au sein d’une société conservatrice.

 

Pour une présentation de l'auteur et la table des matières, voir ici

L'unité du genre humain. Race et histoire à la Renaissance, dir. F. Lestringant, P.-F. Moreau et A. Tarrête

L'unité du genre humain. Race et histoire à la Renaissance, dir. Frank Lestringant, Pierre-François Moreau et Alexandre Tarrête, Paris, PUPS, Cahiers Saulnier, 2014, 25 €.

 

Comment la Renaissance, si éprise d’unité, pour ne pas dire obsédée par la quête de l’unité, est-elle néanmoins parvenue à penser la diversité humaine ? Au début de l’ère moderne, plusieurs facteurs ont contribué à l’émergence d’une nouvelle anthropologie. Les grandes navigations entraînèrent un élargissement spectaculaire de la vision du monde et un renouvellement des savoirs géographiques. L’invention du Sauvage (ou sa réinvention) rendait nécessaire de penser à nouveaux frais le problème de la diversité des cultures, de leur origine commune, et de leurs contacts passés et à venir. La confrontation des Européens avec une altérité radicale, mais aussi la possibilité ouverte du métissage, posèrent de manière nouvelle le problème de l’unité du genre humain. Les débats qui s’engagèrent alors, en matière de missiologie notamment, ont opposé les tenants des divers types de polygénisme aux partisans du monogénisme — la doctrine orthodoxe en la matière. La construction des idéologies coloniales modernes mobilisait aussi bien l’héritage biblique et patristique que les savoirs antiques. Parallèlement se trouvaient jetées les fondations d’un nouveau savoir historique, soucieux de vérifier et de hiérarchiser ses sources, et de confronter les savoirs livresques aux données de l’expérience. Le renouveau de l’histoire nationale permettait de mieux prendre en compte les témoignages des antiquaires ou des chroniqueurs, alors que l’histoire universelle encore balbutiante tentait de penser l’évolution parallèle des civilisations, leur décadence, leur progrès ou leur évolution cyclique. Dans l’espace aussi bien que dans le temps, la prise en compte scientifique du réel voisinait volontiers avec l’utopie et le mythe, la pensée religieuse faisait bon ménage avec la rationalité économique moderne. L’Âge classique et les Lumières sauront faire usage des matériaux et des problèmes légués par la Renaissance, en les complétant et en les transformant pour leur compte, dans des sphères aussi diverses que le droit naturel, la comparaison et la critique des religions, la constitution d’une anthropologie d’intention scientifique. Les positions et les polémiques étudiées dans le présent volume joueront donc à long terme un rôle constitutif dans la mise en place de la modernité.

Musica, sive liber amicorum Nicolas Meeùs. Mélanges offerts au professeur Nicolas Meeùs, dir. L. Beduschi, A.-E. Ceulemans et A. Tacaille

Musica, sive liber amicorum Nicolas Meeùs. Mélanges offerts au professeur Nicolas Meeùs, dir. Luciane Beduschi, Anne-Emmanuelle Ceulemans et Alice Tacaille, Paris, PUPS, 2014, 31 €.

 

« Le présent ouvrage est né des vœux de cinq musicologues : François Picard, Jean-Pierre Bartoli, Alice Tacaille, Luciane Beduschi et Anne-Emmanuelle Ceulemans, qui ont souhaité rendre hommage à Nicolas Meeùs en tant que professeur, collègue et ami. D’entrée de jeu, nous avons opté pour une publication qui réunisse des contributions originales et des articles plus anciens dus à Nicolas Meeùs lui-même. Lorsque nous en avons informé le principal intéressé, celui-ci a exprimé le souhait que nous pressentions en priorité ses anciens doctorants, car, disait-il, s’il avait un motif de fierté dans sa carrière, c’était cette génération de musicologues qu’il avait contribué à former.

Les thésards de Nicolas Meeùs – ceux de l’Université catholique de Louvain et ceux de la Sorbonne – ont donc été sollicités et neuf d’entre eux ont soumis un article : Luciane Beduschi, Anne-Emmanuelle Ceulemans, Florence Doé de Maindreville, Christophe Guillotel-Nothmann, Paloma Otaola, Marc Rigaudière, Nahoko Sekimoto, Léa Ligia Soares et Mohammed Zied Zouari. Aux disciples de Nicolas Meeùs se sont joints quelques collègues proches : Jean-Pierre Bartoli, Philippe Cathé, Annie Labussière, François Picard et Fañch Thoraval, ainsi qu’Alice Tacaille. La diversité des sujets abordés par ces auteurs illustre sans conteste la multiplicité des domaines de recherche dans lesquels Nicolas Meeùs a su inspirer et stimuler ses étudiants et ses collègues.

 

Les vingt articles de la main de Nicolas Meeùs rassemblés dans la première partie de ce volume représentent les domaines de recherche dans lesquels notre maître, collègue et ami s’est illustré au long de sa carrière et qui se focalisent autour d’un dénominateur commun : la théorie de la musique sous tous ses aspects. De cet intérêt ont découlé des recherches portant sur l’analyse du répertoire du Moyen Âge au xxe siècle, des travaux dans le domaine de l’organologie, ainsi que des réflexions plus spéculatives sur la nature profonde de la musique et le statut de la partition.

La sélection des articles reproduits ci-dessous a été réalisée en concertation avec l’auteur, mais reflète aussi des choix personnels des éditeurs. Les versions originales de certains de ces textes, notamment ceux parus dans les Fascicules d’analyse musicale publiés de 1988 à 1991 par Nicolas Meeùs lui-même, sont actuellement épuisés et difficiles à trouver dans les bibliothèques universitaires, ce qui justifiait pleinement leur réédition. Pour les textes parus en langue étrangère, nous publions des versions françaises dues à Nicolas Meeùs lui-même. Seul le dernier article, consacré à  la lettre de Michael Praetorius, ne pouvait être publié qu’en langue originale. Il illustre un dernier aspect marquant du personnage que nous voulons honorer : son sens de la facétie, qui allie réflexion fondamentale et humour, tout en forçant ses lecteurs à approfondir leur compréhension du phénomène musical. »

Brill's Encyclopaedia of the Neo-Latin World (2 vols.), éd. Ph. Ford, J. Bloemendal and Ch. Fantazzi

Brill's Encyclopaedia of the Neo-Latin World (2 vols.), éd. Philip Ford (†), Jan Bloemendal and Charles Fantazzi, Brill, 2014, 1350 p, 395€.

 

Pour une présentation des directeurs d'ouvrage, des contributeurs et la table des matières, voir le site de l'éditeur :

 

 

L'ouvrage sera disponible en ligne en juin 2014.

 

Cités humanistes, cités politiques, dir. E. Crouzet-Pavan, D. Crouzet et Ph. Desan

Cités humanistes, cités politiques (1400-1600), dir. Elisabeth Crouzet-Pavan, Denis Crouzet et Philippe Desan, Paris, PUPS, 2014, 28 €.

 

 

Le premier humanisme donne souvent une vision idéale de la cité parce qu’il promeut des valeurs qui seraient à la fois partagées dans la plupart des grandes villes européennes et déclinées de manières particularisées. Il est aussi des espaces, telle la péninsule italienne, où la réflexion humaniste est de suite mobilisée au service des pouvoirs en compétition. L’engagement dans la cité est double : construire un paradigme d’unité sociale et servir une cité singulière. Mais plusieurs questions doivent être posées : le paradigme n’est-il pas de façon sous-jacente porteur de contradictions et de conflits ? Les modèles humanistes ne seraient-ils pas aussi divers que les cités politiques qui les voient naître et opérer ? Les problèmes religieux, sociaux, économiques, avec les ruptures de l’unanimisme qui les accompagnent, ne portent-ils pas à la décomposition de l’idéal humaniste en de multiples expérimentations ? La cité du xvie siècle demeure-t-elle une cité travaillée par le paradigme humaniste ou ce paradigme n’est-il pas l’objet, par les humanistes eux-mêmes, d’un travail empirique et d’une remise en cause critique ? Les tensions latentes du premier humanisme ne deviennent-elles pas alors les instrument mêmes des conflits en œuvre ? C’est ce jeu évolutif de convergence et d’antagonisme entre la cité humaniste et la cité politique que ce livre se propose d’examiner à l’échelle de l’Europe.

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Montaigne écrivain, Montaigne studies

 

Montaigne écrivain, Montaigne studies, vol. XXVI, n°1-2, 2014, 32 €.

 

 

 

Le nouveau numéro de la revue Montaigne studies vient de paraître. Pour le commander, imprimer le bulletin ci-dessous.

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M. Barral-Baron, L’Enfer d’Erasme. L’humaniste chrétien face à l’histoire

Marie Barral-Baron, L’Enfer d’Erasme. L’humaniste chrétien face à l’histoire, Genève, Droz, 2014, 752 p. Préface de Denis Crouzet. Avant-propos de Jean-Claude Margolin, 98.68 €.

 

A rebours des interprétations traditionnelles, cet ouvrage propose une lecture inédite du rapport d’Erasme à l’histoire. C’est sur le mode dramatique que Marie Barral-Baron envisage la manière dont Erasme vit l’histoire de son temps. Enthousiaste à l’idée de faire renaître les temps apostoliques, temps bénis du christianisme, il en oublie les réalités de la continuité historique. La brusque irruption de Luther, qui brise soudainement son rêve d’un nouvel âge d’or, lui permet de prendre conscience de sa tragique méprise. Bien involontairement, il a favorisé la rupture d’une unité chrétienne à laquelle il tient plus que tout, anéantissant ainsi lui-même ses propres espérances. Lorsqu’il en prend conscience, il corrige ses textes et révise son appréhension du temps, mais cette course contre la montre est perdue d’avance. Erasme sombre alors dans l’enfer de son propre échec, terrifié à l’idée d’avoir été abandonné par Dieu et confronté à la cruauté de l’histoire.

 

SOMMAIRE

Introduction

Première Partie : D’un kairos à l’autre : l’histoire rêvée d’Erasme

Chapitre Premier : Foi et histoire chez Erasme. Les différents statuts du récit historique
A. Fabula : soulever l’écorce
B. Historia sacra : participer à l’histoire du Salut
C. Historia : souffrir le théâtre du monde

Chapitre II : Passé et histoire. Où Erasme acquiert une conscience historique
A. Où la philologie structure le passé
B. Où le grammairien lutte contre la « barbarie » scolastique
C. Où l’humaniste chrétien rêve d’un nouvel âge d’or

Chapitre III : « Folie » et histoire. Où Erasme oublie l’histoire de son temps
A. La Folie de la Croix
B. Le refus de l’évidence
C. La violence du kairos

Deuxième Partie : D’une tragédie à l’autre : du crime au châtiment

Chapitre IV : Le rêve assassiné
A. Erasme écartelé
B. Erasme assiégé
C. Erasme vaincu

Chapitre V : Lingua
A. Le délire du langage
B. Un langage devenu maléfique

Chapitre VI : Les reniements de la plume
A. Sauver la Tradition
B. Sauver la patristique
C. D’humaniste, devenir polémiste ?

Troisième partie : D’une angoisse à l’autre : le temps corrupteur

Chapitre VII : Défier le temps
A. Un « temps flottant »
B. La Croix attire tout à elle
C. Un monde sans fin ?

Chapitre VIII : Le passé recomposé
A. Remettre la chronologie en ordre
B. Mettre de l’ordre dans sa vie

Chapitre IX : Erasme en enfer
A. L’histoire est destructrice
B. L’histoire est indomptable
C. L’histoire n’oublie rien

Conclusion

Le travail et la famille en milieu rural (16e-21e siècle), dir. F. Boudjaaba

Le travail et la famille en milieu rural (16e-21e siècle), dir. Fabrice Boudjaaba, Rennes, PUR, 2014, 19 €.

 

Le travail est souvent considéré comme un élément secondaire des processus de reproduction sociale en milieu rural car le poids de la rente et l’abondance de sources sur la propriété ont généralement conduit les historiens à privilégier l’étude de la terre et de sa transmission. Le travail a donc souvent été assimilé à un moyen de perpétuer l’exploitation et de soutenir l’équilibre économique du groupe familial. L’activité professionnelle des uns et des autres a été alors souvent perçue comme découlant simplement de la position de chacun dans le processus de succession, les cadets travaillant au service de l’aîné héritier de la maison par exemple. Pourtant, le travail et ses corollaires, l’instruction et la formation, peuvent aussi être une ressource à part entière des individus pour assurer leur propre mobilité sociale, une voie par laquelle ils peuvent sortir d’un chemin a priori tout tracé, et pas seulement une variable d’ajustement au service du groupe domestique. C’est à cette tension, propre à l’exploitation agricole, entre les exigences du groupe familial et les aspirations des individus qui le composent, et aux mobilités et aux ouvertures sociales que le travail peut fournir aux paysans que ce livre s’intéresse. Pour cela, les auteurs, historiens, économistes et sociologues, à travers une série d’études de cas français, italiens et espagnols, multiplient les points de vue et les méthodes tout au long d’un large spectre temporel qui va des débuts de l’époque moderne à aujourd’hui.

 

Pour un accès à l'introduction, à la table des matières et à la présentation des auteurs, voir l'onglet "documents" sur le site de l'éditeur.

P. Boucheron & J.P. Genet "Marquer la ville. Signes, traces, empreintes du pouvoir (XIIIe-XVIe siècle)"

sources: Le comptoir des presses d'universités
sources: Le comptoir des presses d'universités
 
 
Ces volumes, adoptant une perspective pluridisciplinaire et comparative dans une visée de long terme, combinent études de cas, analyses conceptuelles et réflexions plus théoriques. Et les réponses à ce questionnaire, issu d’une réflexion sur une histoire culturelle poursuivie sur plus de cinq siècles, remettent en cause une histoire de l’Occident latin où l’on opposerait Église et État: la mutation culturelle engendrée par la réforme grégorienne qui, tout en assurant d’abord le triomphe de la papauté, a donné à l’État moderne les moyens d’assurer sa propre légitimité en créant les conditions d’une révolution du système de communication. Elle engendre un partage du pouvoir symbolique et des processus de légitimation avec l’État: la capacité de ce dernier à se légitimer par le consentement de la société politique en dehors de la contingence religieuse est une spécificité de l’Occident latin, clé de l’essor des États modernes européens.
 

Patrick Boucheron et Jean-Philippe Genet, Marquer la ville. Signes, traces, empreintes du pouvoir (XIIIe-XVIe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, 2014. 16 x 24 x 2,5 cm. ISBN : 9782859447663. Prix : 28,00 euros
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CORNUCOPIA, site de recherche universitaire : quand la littérature du XVIe siècle entre en résonance avec d'autres arts, d'autres disciplines, d'autres époques. ISSN 2261-8430.